Le lac des Chanterelles à nouveau à sec

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En ce début d’octobre, le lac des Chanterelles est à nouveau à sec, seules subsistent deux petites mares résiduelles où quelques poissons chats animent par moments la surface de l’eau. Des empreintes de sangliers, à la recherche d’un point d’eau, marquent la vase craquelée. Trois poules d’eau se déplacent en bordure des roselières.

En ce début d’octobre, le lac des Chanterelles est à nouveau à sec, seules subsistent deux petites mares résiduelles où quelques poissons chats animent par moments la surface de l’eau. Des empreintes de sangliers, à la recherche d’un point d’eau, marquent la vase craquelée. Trois poules d’eau se déplacent en bordure des roselières.

Ce lac est en fait un bassin prévu, lors de la construction du lotissement des Chanterelles dans les années 1970, pour recueillir les eaux de pluie. Dans les premières années, comme il débordait lors des grosses intempéries, une buse avait été installée pour gérer le trop plein et le déverser dans un fossé rejoignant l’Hers.

Devenu un lieu de loisirs, on vient pique-niquer ou se reposer en bordure du lac, l’association de pêche y lâche même des truites au début du printemps.

C’est donc une surprise pour les riverains quand le lac se retrouve à sec à l’été 2012, avec en plus l’odeur des poissons en décomposition, bien que l’association de pêche soit intervenue pour récupérer la plus grande partie des poissons piégés dans la dernière mare.

Les riverains demandent à la municipalité d’assurer une remise en eau du lac, certains suspectant qu’une partie des eaux de pluie, suite à la réalisation du lotissement des Pradelets, n’alimente plus le lac.

La municipalité contrôle avec Toulouse Métropole le réseau pluvial et fait installer des piézomètres pour comparer le niveau de la nappe phréatique à celui du lac. Le constat est le suivant : l’alimentation du lac n’a pas été modifiée et le niveau du lac suit celui de la nappe phréatique. On est donc confronté localement, aux effets du changement climatique : moins de précipitations en été, moins d’eau dans les nappes dont le niveau s’abaisse, moins d’eau dans le lac.

L’étude pour interconnecter le réseau pluvial afin d’assurer l’arrivée de plus d’eau de pluie dans le lac s’avère trop coûteuse.

La nouvelle municipalité élue en 2014 reprend le dossier et refait faire une nouvelle étude concernant la cause de l’assec et les solutions à y apporter. Naturellement, l’étude avec les piézomètres conforte la première. Quant aux solutions proposées, par exemple le recreusement du lac avec création d’une île, aucune ne sera mise en œuvre.

En 2022, une nouvelle période de canicule fait que le plan d’eau est quasiment à sec et fin août 600 kg de carpes, tanches, … sont transférés.

Ce nouvel assec cette année n’est donc plus une surprise.

Quel avenir pour le lac ?

Le lac et les bois avoisinants ont été classés en espace naturel sensible par le conseil départemental et l’extrémité nord du lac bénéficie d’une protection , étant inscrite au Conservatoire Départemental des zones humides  Un plan de gestion mis en place. Les ornithologues de Saint-Orens Nature Environnement ont montré la richesse en termes d’oiseaux fréquentant cet espace ?

Mais ce milieu est très fragile, à cause de l’arrivée d’espèces invasives : écrevisses américaines, jussie, qui asphyxie le lac et nécessite des travaux fréquents pour réduire sa présence.

Le statut de « lac » n’est pas clair : à l’origine il a été creusé pour en faire un bassin de rétention. Cela implique que le gestionnaire du réseau pluvial, en l’occurrence Toulouse métropole, assure régulièrement son entretien, notamment si l’accumulation de vases compromet son bon fonctionnement. Mais la présence de vase ne signifie pas, à elle seule, qu’un curage immédiat est obligatoire.

Concernant les vases, il faut apprécier leur effet sur le bassin :

  • Diminuent-elles leur capacité de stockage des pluies ?
  • Contribuent-elles au colmatage d’un bassin destiné à l’infiltration ?
  • Obstruent-elles les entrées, les sorties ou les dispositifs de régulation ?

 

Les recommandations techniques prévoient l’enlèvement des sédiments accumulés, un retour d’expérience du conseil départemental de la Vendée préconise ainsi le curage lorsque la couche de vase devient trop importante. Mais il n’existe pas dans les textes réglementaires de fréquence uniforme de curage. Certains arrêtés imposent, par exemple, un curage tous les cinq ans, sans que ce délai constitue une règle nationale.

Il serait utile de connaître la teneur en polluants de ces vases, ce qui conditionne leur gestion ultérieure et le coût de leur évacuation. Si ces vases devaient être évacuées, il faudrait aussi déterminer l’impact sur le milieu.

Le creusement du lac, en éliminant notamment les vases, aurait l’avantage d’obtenir une couche d’eau plus importante, ce qui pourrait éviter des assecs, à condition d’avoir des pluies en quantité suffisante ce qui est loin d’être garanti au vu de l’évolution climatique.

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