Des caméras dans les cimetières : souriez, vous êtes filmés !

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A l’ordre du jour du conseil municipal du 17 février 2026, la dernière délibération concernant « ledépôt d’une demande d’autorisation au titre du Code de l’urbanisme pour les travaux de vidéoprotection des cimetières Â» a donné lieu à débat. Rachida Arad, élue de la minorité, a demandé les raisons de l’extension de la video protections dans les cimetières ? Thierry Arcari, en charge de ce dossier, lui a répondu que cela était justifié par des dégradations : des vols de fleurs en l’occurence. Louis-Antoine Vergnaud, également élu d’opposition, a demandé le coût de ces installations. Thierry Arcari a indiqué qu’il fournirait les chiffres le lendemain, mais Alice Valera, en charge du budget, a précisé quil était de l’ordre de 19 500 € par cimetière, sur la base de chiffrages de 2023.

Cimetière de Ninaret

Les seize premières caméras de videosurveillance ont été installées en 2014, aux entrées de ville. Dix ans plus tard, il y en a 74, auxquelles vont s’ajouter celles pour surveiller les deux parties du cimetière de Ninaret et celui de Nazan.

Précisons que les images de vidéoprotection d’une commune ne peuvent être consultées que par des agents municipaux habilités, ainsi que par la police ou la gendarmerie dans le cadre d’une enquête. Leur utilisation est encadrée par le Code de la sécurité intérieure et contrôlée par la CNIL. Les enregistrements sont en principe conservés pendant un maximum de trente jours.

Si nous constatons une croissance continue de l’installation de caméras sur la commune, on peut s’interroger sur leur efficacité. La Cour des comptes, en 2020, pointait l’absence de lien entre vidéosurveillance et baisse de la délinquance :« Aucune corrélation globale n’a été révélée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique ou encore le taux d’élucidation ».

En 2021, une autre enquête a été réalisée pour le compte de la gendarmerie et a passé au crible près de 2 000 affaires judiciaires. Â«Â On n’a pas identifié de différence de niveau de résolution sur les communes équipées ou sur les communes non équipées de vidéoprotection de voie publique », explique son auteur, Guillaume Gormand, chercheur à Sciences Po Grenoble – Université Grenoble Alpes, qui en est arrivé aux mêmes conclusions.

Le lobby des vendeurs d’équipements de videoprotection a publié un livre blanc, largement diffusé à la veilles des élections municipales, où il est mentionné que « La vidéoprotection n’a jamais eu vocation à éradiquer la délinquance ».

Parmi les auteurs du livre blanc, un ancien député La République en marche, Jean-Michel Mis, désormais lobbyiste, qui a gardé ses entrées à l’Assemblée nationale reconnaît :  Â«Â Ã€ ma connaissance, je n’ai pas de chiffres à vous donner sur l’efficacité de la vidéoprotection ».

Pour le constater il n’est que regarder l’évolution des délits sur St-Orens où il serait bien difficile de trouver une corrélation entre l’augmentation du nombre de caméras et la réduction des infractions.

En savoir plus :

Insécurité : les caméras de vidéosurveillance font-elles vraiment baisser la délinquance dans les communes ?

Evaluation de la contribution de la vidéoprotection de voie publique à l’élucidation des enquêtes judiciaires, par Guillaume Gormand

Débat au Conseil municipal du 17 février 2026 A consulter à partir de 1 h 54 m 45 s pour ce sujet.

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