D’où provient l’eau que nous buvons à St-Orens ?

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Un petit article dans le journal municipal Mem’Orens de Novembre-décembre 2025 » nous informe sur l’origine de l’eau du robinet : « À Saint-Orens, 95 % de l’eau que vous buvez provient de la Garonne. Le reste (5 %) est acheminé depuis la Montagne Noire, en complément si nécessaire. » 

Beaucoup d’entre vous, j’en suis sur, sont encore persuadés que l’eau que nous buvons provient de la Montagne Noire !

En effet, jusqu’aux années 2010, l’eau du robinet était principalement acheminée depuis la Montagne Noire, par l’Institution des Eaux de la Montagne Noire, qui dessert la plupart des communes du Lauragais : 532 916 m³ par l’IEMN qui alimente l’Est de la commune, 151 246 m³ par Toulouse à l’Ouest, 93 258 m³ par le SICOVAL, au Sud.

Les réseaux ont été depuis interconnectés, ce qui assure une sécurité en terme d’approvisionnement, mais permet de recevoir l’eau de différentes origines.

Il faut étudier les Rapports sur le Prix et la Qualité du Service (RPQS), que publie Toulouse Métropole chaque année, pour découvrir que les volumes d’eau achetés par la métropole toulousaine à l’IEMN ont fortement baissés à partir de 2020, diminuant des 2/3 : 609 000 m³ en 2022, 215 670 m³ en 2024. En effet Toulouse métropole a une capacité de production d’eau potable suffisante pour suppléer aux apports de l’IEMN, grâce notamment l’usine de Portet qui pompe l’eau dans la Garonne.

On constate que la réduction des volumes a renchéri d’ailleurs le cout du m³, passant de 30 centimes du m³ en 2020-2021 à 58 centimes en 2024 (le contrat incluant une part fixe dans le calcul du prix du m³ et étant optimisé pour des volumes plus importants). De plus le contrat de fourniture d’eau par l’IEMN arrive à échéance en 2026.

Faut s’inquiéter de cette évolution ?

Difficile d’avoir un comparatif clair du coût des m³ d’eau fournis par l’IEMN ou par SETOM, filiale de Veolia, qui a la délégation de service public pour la production d’eau potable de Toulouse métropole.

Il en est tout autrement si on s’intéresse à la qualité de l’eau que l’on boit. Bien sur, l’eau de la Montagne Noire ou celle de la Garonne sont toutes les deux « potables ». Mais sont-elles comparables? Intéressons nous tout d’abord aux informations fournies avec votre facture d’eau et comparons celles pour l’eau de Toulouse et celle fournie par l’IEMN

Information de l’Agence Régionale de Santé pour l’eau de Toulouse

Information de l’Agence Régionale de Santé pour l’eau de Revel, provenant de la montagne Noire.

A première vue, les classements sont identiques, car dans ces eaux potables traitées, le taux des molécules chimiques reste inférieur aux seuils fixés par le ministère de la santé, mais dans le détail on constate bien plus de nitrates et de pesticides dans l’eau provenant de la Garonne !

Il faut se rendre sur le site https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau pour accéder aux analyses détaillées portant sur près de 300 molécules chimiques, sans intégrer encore les fameux PFAS, mais il y est difficile de trouver les analyses les plus complètes. Vous pouvez consulter deux analyses récentes : celle de l’eau issue de la Garonne fournie à St-Orens et celle de l’eau fournie à Revel par l’IEMN.

Nous nous interrogeons sur le choix qui a été fait de réduire pratiquement à zéro l’approvisionnement à partir de la Montagne noire et pour quelles raisons : à cause du coût, pour favoriser SETOM, la filiale de Veolia qui gère l’usine de Portet ? Les élus de St-Orens ont-ils donné leur avis ? Nous aimerions bien connaître la réponse. Il est regrettable qu’il n’y ait eu aucun débat pour permettre de conserver l’approvisionnement en eau provenant de la Montagne Noire, si ce n’est « en complément si nécessaire » !

Il faut se rendre sur le site du Ministère de la santé pour accéder non sans peine aux analyses détaillées portant sur près de 300 molécules chimiques, sans intégrer encore les fameux PFAS.

Vous pouvez consulter deux exemples d’analyses : la première à Avignonet, qui est desservie par l’IEMN du 1er juillet 2025, la deuxième à Toulouse du 8 septembre 2025, qui vous indiquent la diversité des molécules présentes ou non dans l’eau que vous buvez. Si les limites de qualité ne sont jamais atteintes, nous ne connaissons pas les effets sur notre santé de cette soupe de molécules, car les seuils sont définis seulement par rapport à la dangerosité d’une molécule donnée. Moins il y a de molécules différentes, moindre est le risque à cause d’effets cocktail possibles.

Rappelons qu’en 2018 Toulouse Metropole a opté pour une délégation de service public (et non une régie) et conclu un contrat avec Veolia pour l’eau potable et Suez pour l’assainissement, celles ci avaient, pour obtenir le marché, proposé des offres très alléchantes garantissant un prix « très bas ». Mais pour tirer cette offre au plus bas, les concessionnaires avaient (entre autres) tablé sur une augmentation globale de la consommation d’eau !

La consommation globale est en baisse (et nous nous en réjouissons), mais du coup les filiales toulousaines SETOM/VEOLIA comme ASTEO/SUEZ se retrouvent déficitaires !

Un avenant voté le 4 avril prévoit que « Toulouse Métropole s’engage à compenser [financièrement] les baisses de volume à condition qu’elles soient directement imputables à la tarification saisonnière ».

En supprimant la fourniture d’eau en provenance de la Montagne Noire, Toulouse Métropole assure une production d’eau plus importante à Veolia, en réduisant les indemnités à lui verser, un tour de passe passe au détriment de la qualité de l’eau à St-Orens et dans les communes de l’Est de la Métropole.

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